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Qu’est-ce que c’est?

La médecine nucléaire est une sous-spécialité de la radiologie qui fait appel à des substances radioactives pour créer des images anatomiques et fonctionnelles du corps humain. Les images se forment suite à la détection de l’énergie émise par la substance radioactive administrée au patient. La médecine nucléaire pédiatrique fait référence à l’utilisation de cette technique chez les nourrissons, les jeunes enfants et les adolescents.

À quoi ça sert?

La médecine nucléaire pédiatrique est utilisée afin de diagnostiquer plusieurs affections touchant les enfants, aussi bien congénitales (présentes à la naissance) qu’acquises ultérieurement. Cette technique aide à évaluer différentes parties du corps telles que les reins, le foie, le cœur, les poumons et les os. La médecine nucléaire pourrait par exemple être utilisée chez les enfants pour diagnostiquer un blocage de l’urine dans les reins, des infections ou des traumatismes des os, une hémorragie gastro-intestinale et diverses tumeurs de même que les endroits du corps où elles se sont dispersée.

Comment se préparer?

La majorité des examens nécessitent une injection par voie intraveineuse. On conseille fortement aux parents ou aux tuteurs dûment nommés de discuter avec l’enfant, en fonction de son âge et avant l’examen, et de leur dire qu’ils vont recevoir une « piqûre ». Si votre nourrisson ou votre jeune enfant doit être sous sédation, par exemple dans le cas d’un scintigramme osseux, vous recevrez au moment de la prise de rendez-vous des instructions au sujet de ce que vous pouvez donner à manger et à boire à votre enfant. Rassurez également votre enfant en lui disant que vous serez dans la pièce avec lui lors de l’examen (sauf si vous êtes enceinte).

Si l’examen implique l’étude de l’estomac, votre enfant devra être à jeûn depuis un certain temps avant l’examen. Si l’examen implique l’étude des reins, votre enfant devra boire beaucoup d’eau avant l’examen.

À quoi ça ressemble?

Dans la majorité des examens de médecine nucléaire l’enfant est allongé sur une table de scintigraphie (prise d’images). Ainsi, le seul appareil visible pour l’enfant est la gamma-caméra spécialisée utilisée lors de l’examen. La caméra est entourée d’une structure métallique qui facilite l’imagerie de zones spécifiques du corps. Elle peut ressembler à un large appareil métallique rond suspendu à un long poteau mobile, ou à un bras métallique suspendu au-dessus de la table d’examen. La caméra peut également être située au sein d’un large scanner en forme d’anneau ressemblant à un tomodensitomètre (CT) (appareil radiographique fournissant des informations anatomiques à partir d’images transversales du corps ; chaque image est générée après synthèse informatique des données provenant de la transmission des rayons X). Cette caméra se situe souvent en dehors du champ de vision, sous la table d’examen.

Une console informatique, souvent située dans la même pièce, développe les images à partir des données obtenues par la caméra.

Comment ça fonctionne?

On administre à l’enfant, généralement par voie intraveineuse mais parfois par voie orale, un produit appelé « radiopharmaceutique » ou « marqueur ». Le marqueur contient une faible quantité de substance radioactive qui se concentre dans une zone spécifique du corps. On détermine quel radiopharmaceutique utiliser en fonction de la région du corps à étudier. La quantité administrée varie en fonction du poids de l’enfant. Selon le type de scan, la substance peut mettre de plusieurs secondes à plusieurs jours pour voyager dans le corps et s’accumuler dans les organes à étudier, ce qui entraîne une grande variabilité dans la durée de la scintigraphie. Les organes émettent de l’énergie sous forme de rayons gamma. La gamma-caméra détecte les rayons et le système informatique développe une image des organes en question.

Comment se déroule l’examen?

Un technologue en médecine nucléaire amène l’enfant dans la pièce de scintigraphie. Puis l’enfant est installé sur la table d’examen et on lui injecte un radiopharmaceutique dans une veine. Selon le type de scan, les images seront obtenues soit immédiatement, soit plusieurs heures ou même deux jours après l’injection. La durée de la scintigraphie est variable, mais elle est en moyenne de 20 à 45 minutes.

La gamma-caméra bouge doucement le long ou autour de l’enfant pour obtenir des images de la partie du corps à étudier. Des images séquentielles sont parfois obtenues pour montrer le fonctionnement d’un organe au cours du temps, par exemple les reins.

Immédiatement après l’examen, un médecin spécialiste en médecine nucléaire vérifie que les images sont de bonne qualité pour s’assurer que l’examen de diagnostic est optimal.

L’examen se déroule de la même manière lorsque le radiopharmaceutique est administré par voie orale.

Qu’est-ce qu’on ressent?

Lors d’un examen de médecine nucléaire votre enfant pourrait éprouver une certaine gêne lors de l’injection par voie intraveineuse, généralement réalisée au moyen d’une petite aiguille. Pour certains examens un cathéter est inséré dans la vessie, ce qui pourrait entraîner une gêne temporaire. Certains patients trouvent inconfortable de devoir rester allongé sans bouger sur la table d’examen.

Beaucoup d’enfants, malheureusement, ont peur des visites à un centre médical. Cette peur est parfois exacerbée lorsqu’ils voient d’étranges machines et qu’ils ne comprennent pas comment elles fonctionnent. La majorité du personnel soignant travaillant beaucoup avec les enfants sait comment calmer leurs peurs. La plupart des pièces d’imagerie ont des cassettes vidéo ou des jouets pour occuper l’enfant et, souvent, ce dernier peut emmener son jouet préféré dans la salle d’examen. On encourage les parents à rester avec l’enfant pour aider à le calmer et à l’immobiliser lors des scintigraphies. On devrait administrer un léger sédatif aux enfants de moins de trois ans, le plus souvent par voie orale, si les examens sont prolongés.

L’enfant peut reprendre ses activités quotidiennes après l’examen de médecine nucléaire, sauf si il était sous sédatif. Le radiopharmaceutique perd en général sa radioactivité en 24 heures. Il est éliminé dans l’urine ou dans les selles.

Où vont les résultats?

La majorité des enfants subissent un examen de médecine nucléaire suite aux recommandations du médecin traitant, souvent le médecin de premier recours. Le médecin de médecine nucléaire interprétera les images et rédigera un rapport pour le médecin traitant. Il faut entre un et trois jours pour interpréter les résultats et rédiger et transmettre le rapport.
 

Avantages et risques?

  • Les examens de médecine nucléaire fournissent une information fonctionnelle unique qui, à l’heure actuelle, ne peut être obtenue par aucune autre technique d’imagerie. Dans le cas de certaines maladies, les examens de médecine nucléaire fournissent l’information la plus utile nécessaire au diagnostic.
  • Les examens de médecine nucléaire pédiatrique exposent l’enfant à une faible dose de rayonnements. Cependant, les doses de radiopharmaceutique administrées sont les doses minimales nécessaires à l’examen. La médecine nucléaire est utilisée chez les nouveaux-nés et les enfants depuis plus de trois décennies et on ne connaît pas d’effets secondaires de longue durée dus à ces faibles doses.
  • Des réactions allergiques au radio pharmaceutique peuvent exister, bien qu’elles soient extrêmement rares.

Quelles sont les limites?

Les examens de médecine nucléaire prennent du temps. Ils nécessitent l’administration d’un radiopharmaceutique, l’obtention d’images et l’interprétation des résultats. Le radiopharmaceutique peut mettre entre quelques heures et quelques jours à s’accumuler dans la région du corps que l’on veut étudier. Les scintigraphies peuvent prendre jusqu’à trois heures, bien que de nouvelles gamma-caméras réduisant de moitié la durée de l’examen soient maintenant disponibles.

Les scintigraphies chez les nourrissons et les jeunes enfants sont parfois une gageure à cause des pleurs et des mouvements. Il peut être particulièrement difficile pour le personnel médical d’effectuer un long examen de médecine nucléaire sur un enfant qui a peur et qui est incapable de rester immobile. C’est pourquoi un sédatif est parfois nécessaire.



Texte offert à titre de renseignement par l’Association canadienne des radiologistes (CAR). Octobre 2004. Source: www.radiologyinfo.org, traduction: Gaëlle M. Chevalier.

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