En images ...


Qu’est-ce que c’est?

La médecine nucléaire réalise des examens d’imagerie diagnostique à l’aide de composés radioactifs pouvant conduire à un traitement efficace de nombreuses maladies. Bien que la médecine nucléaire soit souvent considérée comme une discipline isolée, elle est étroitement liée à la radiologie du fait de l’utilisation de rayonnements pour crée des images de l’anatomie humaine.

Les images médecine nucléaires démontrent les fonctions des organes, tandis que les images radiologiques démontrent l’anatomie de l’organe.

À quoi ça sert?

Les examens de médecine nucléaire cardiaque sont recommandés pour les personnes souffrant d’une angine de poitrine inexpliquée ou apparaissant lors d’un exercice physique, afin de détecter de façon précoce une cardiopathie (angine de poitrine : douleur thoracique semblable à une crampe, intermittente, qui empire lors d’un effort physique ; cette douleur est un signe que le tissu ou l’organe alimenté par une artère rétrécie ne reçoit pas suffisamment de sang ou d’oxygène).

L’examen de médecine nucléaire cardiaque le plus fréquent, appelé scintigraphie myocardique de perfusion, permet de visualiser le flux sanguin dans les parois du cœur. Cet examen est important pour évaluer la présence et l’étendue d’une maladie des artères coronariennes (blocages) connue ou suspectée. Il permet également de visualiser les conséquences de lésions antérieures suites à un infarctus du myocarde (crise cardiaque : soudain apport sanguin insuffisant entraînant la mort des cellules d’une région de la paroi du cœur). Cet examen peut également servir à évaluer les résultats d’un pontage ou d’autres actes de revascularisation percutanée destinés à rétablir l’irrigation sanguine du cœur.

On peut étudier les mouvements de la paroi du cœur et le fonctionnement général du cœur par synchronisation cardiaque (utilisation d’un signal électronique provenant des mouvements de pompage du cœur pour obtenir des images des contractions du cœur). La synchronisation cardiaque permet de synchroniser les images du cœur avec le cycle cardiaque (contraction ou relâchement), qui est visualisé sur un électrocardiogramme (ECG ; enregistrement des courants électriques qui stimulent le muscle cardiaque et l’incitent à pomper le sang).

Comment se préparer?

Évitez toute prise de caféine (café, thé, etc.) et ne fumez pas dans les 24 heures précédant l’examen. Selon, votre institution vous allez être demander de ni manger ni boire après minuit la veille de l’examen, mais continuez de prendre vos médicaments avec un peu d’eau sauf si votre médecin vous l’a déconseillé. Pour votre examen, portez des chaussures de marche confortables avec une semelle en caoutchouc et des vêtements amples. Indiquez au technologue ou au médecin chef si vous souffrez d’asthme ou d’une maladie pulmonaire chronique, si vous souffrez des genoux ou des hanches, ou si vous avez des problèmes d’équilibre, car tous ces facteurs pourraient limiter votre capacité à effectuer l’exercice nécessaire à cet examen.

À quoi ça ressemble?

L’appareil d’imagerie, appelé gamma-caméra ou caméra à scintillation (caméra qui enregistre la distribution d’un produit chimique radioactif qui se concentre dans un organe ou un tissu spécifique), est constitué de détecteurs spécialisés entourés d’une structure métallique. On peut changer la position des détecteurs de la caméra pour obtenir des images du corps dans plusieurs directions. Une console informatique, située à proximité ou parfois dans une autre pièce, développe les images du cœur.

Comment ça fonctionne?

Le meilleur moyen d’étudier les artères coronariennes est d’analyser les changements du flux sanguin vers le cœur au cours d’un exercice physique. Vous passerez donc un test d’effort (examen qui étudie le fonctionnement du cœur pendant l’effort), le plus souvent sous la forme d’un exercice physique, qui va augmenter le travail de votre cœur. Puis on vous administra un composé radioactif, appelé radiopharmaceutique ou marqueur. Ce composé va se concentrer dans les régions de votre cœur ayant un bon flux sanguin et va émettre des rayons gamma. Ces rayons sont détectés par la gamma-caméra. Par la suite, un ordinateur va utiliser une série de formules mathématiques complexes pour construire des images du cœur d’après les rayons gamma détectés.

Comment se déroule l’examen?

Lors du test d’effort, vous marcherez sur un tapis de marche ou vous pédalerez sur une bicyclette d’appartement pendant quelques minutes. Durant l’exercice, on va surveiller l’activité électrique de votre cœur sur un électrocardiogramme et on prendra régulièrement votre tension artérielle. Avant l’arrêt de l’exercice, on vous injectera le radiopharmaceutique dans le bras par voie intraveineuse. On administre le composé lorsque le flux sanguin vers le cœur est à son maximum du fait de l’exercice physique. Ce procédé donne les meilleures chances d’identifier les régions du cœur qui reçoivent une irrigation insuffisante.

Au bout d’une minute vous cesserez l’exercice. Une demi-heure plus tard environ, tandis que vous êtes allongé sur la table d’examen, le composé va se concentrer dans votre cœur. On va alors se servir de la gamma-caméra pour obtenir des images de votre cœur. Une fois positionnée par le technologue, cette caméra va probablement bouger lentement et de façon automatique au-dessus de votre poitrine.

On doit comparer les images obtenues après l’exercice avec celles obtenues au repos (et ce, en utilisant le même radiopharmaceutique), pour déterminer si le flux sanguin dans les artères coronariennes change au repos, et pour déterminer l’existence d’une maladie des artères coronariennes. Selon le protocole utilisé, les scintigraphies au repos peuvent être obtenues avant ou après l’exercice.

Si vous ne pouvez pas utiliser un tapis de marche ou une bicyclette, vous ne ferez pas d’exercice physique mais on vous donnera un médicament qui va stimuler votre cœur à travailler comme si vous faisiez de l’exercice. On vous administra ensuite le radiopharmaceutique.

Immédiatement après l’examen, un radiologiste ayant une formation spécialisée en médecine nucléaire vérifiera que les images sont de bonne qualité pour s’assurer que l’examen de diagnostic est optimal.

Qu’est-ce qu’on ressent?

Vous pourriez éprouver une gêne minime lors de l’injection du radiopharmaceutique par voie intraveineuse.

On vous demandera d’arrêter l’exercice lorsque vous serez trop fatigué pour continuer ou lorsque vous serez à bout de souffle ; on vous demandera également d’arrêter l’exercice si vous éprouvez une douleur thoracique, une douleur dans les jambes, ou une gêne quelconque.

Si, au lieu de vous soumettre à un exercice, on vous a donné un médicament qui augmente le flux sanguin, vous pourriez ressentir pendant quelque temps une anxiété, des étourdissements, des nausées, des tremblements ou un manque de souffle. Si, dans de rares occasions, les effets secondaires du médicament sont sévères ou entraînent une gêne trop importante, on pourra vous donner d’autres médicaments pour éliminer ces effets secondaires.

La majorité des patients peuvent reprendre leurs activités habituelles immédiatement après l’examen. La radioactivité qui se trouve dans votre corps va s’atténuer par la désintégration radioactive normale et de l’élimination du radiopharmaceutique dans l’urine ou dans les selles.

Où vont les résultats?

Les patients subissent en général un examen de médecine nucléaire suite aux recommandations de leur médecin traitant. Un médecin qui a reçu une formation spécialisée en médecine nucléaire interprétera les images. Il faut entre un et trois jours pour interpréter les résultats, rédiger le rapport et transmettre l’information au médecin traitant. Votre médecin traitant vous fera alors part des résultats.

Avantages et risques?

Bienfaits
  • On a montré que cette technique fournit une information fonctionnelle concernant le flux sanguin vers le cœur et la capacité de pompage du cœur. Cette information pourrait être utile pour déterminer, si nécessaire, le traitement ou les examens supplémentaires à administrer.
  • Étant donné que les images sont générées par des ordinateurs, on peut mesurer ou quantifier la fonction cardiaque et déterminer si des anomalies sont présentes.
  • Étant donné que l’examen est généralement réalisé suivant des protocoles standardisés, le même examen réalisé dans différents hôpitaux a de grandes chances d’être semblable, ce qui facilite la compréhension de l’information et le transfert de cette information vers tous les médecins qui pourraient vous soigner.
Risques
  • Si vous souffrez d’une maladie des artères coronariennes, vous pourriez éprouver une douleur thoracique, ou angine de poitrine, lors du test d’effort ou de la prise du médicament stimulant votre cœur. On vous fera cependant passer l’examen sous la supervision d’un spécialiste formé à vous surveiller grâce aux informations fournies par votre électrocardiogramme, votre rythme cardiaque et votre tension artérielle. On pourra vous donner un médicament pour votre douleur thoracique, si nécessaire. On vous surveillera suffisamment longtemps pour s’assurer que vous êtes revenu à votre état normal, c’est-à-dire l’état dans lequel vous vous trouviez lorsque vous êtes venu pour l’examen.
  • L’utilisation d’une substance radioactive vous expose à une faible dose de rayonnements. Cependant, la quantité de radioactivité administrée est la dose minimale nécessaire à l’obtention d’images adéquates. Les examens de médecine nucléaire cardiaque sont utilisés depuis plus de trois décennies et on ne connaît pas d’effets secondaires de longue durée dus à ces faibles doses.
  • Des réactions allergiques aux radiopharmaceutiques peuvent exister, bien qu’elles soient extrêmement rares.
  • Comme pour tout examen radiologique, veuillez informer votre médecin et le technologue si vous êtes enceinte ou si vous allaitez. D’une manière générale, on devrait limiter au maximum l’exposition aux rayonnements pendant la grossesse. En fonction de la nature de votre problème médical, l’examen de médecine nucléaire cardiaque pourrait être repoussé à après votre grossesse.

Quelles sont les limites?

Par rapport à la majorité des tests de radiologie, les examens de médecine nucléaire cardiaque prennent du temps. Ils nécessitent un exercice physique ou l’administration d’un médicament pour augmenter le flux sanguin vers le cœur, l’obtention d’images au moyen d’une gamma-caméra (en général, deux séries de scintigraphies à quelques heures d’intervalle) et le traitement informatique de ces informations. Selon la nature exacte de l’examen, le processus peut durer de deux à cinq heures. On peut parfois demander au patient de revenir le lendemain. On pourrait permettre à un patient en consultation de quitter l’hôpital entre deux séries de scintigraphies. Un malade hospitalisé retournera probablement dans sa chambre d’hôpital entre les deux sessions d’imagerie.



Texte offert à titre de renseignement par l’Association canadienne des radiologistes (CAR). Octobre 2004. Source: www.radiologyinfo.org, traduction: Gaëlle M. Chevalier.


 

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